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2018-07-01 22:30 - Flashback

Flashback #1 : 2010-2013, les années Casio

Dans une tentative de documentation de mon évolution dans le milieu de l’informatique, j’ai décidé de proposer une série de flashbacks, où je replonge dans les traces de mon passé. Malheureusement une bonne partie de mes programmes et jeux à été perdue, parce que je n’en étais pas fier ou parce que je n’ai pas fait de sauvegarde de tous mes fichiers en changeant d’ordinateur.

Dans ce premier flashback, je vais revenir sur mon point d’entrée dans le monde de l’informatique : mon apprentissage de la programmation sur calculatrice, mes jeux, mon rapport avec la communauté Planète Casio.

Les débuts

Comment tout a commencé

Je n’ai pas de date précise, mais tout a commencé en 2010. J’étais âgé de 13 ans et j’étais au collège, en classe de 3ème.

Un soir, je suis rentré des cours, et sur la table du séjour traînait une calculatrice programmable niveau lycée, qui appartenait à ma tata Élisabeth qui avait obtenu son baccalauréat et n’en avait donc plus l’usage. Mon grand-frère Paul venait d’entrer au lycée et avait donc déjà un nouveau modèle plus récent, donc j’ai pris la calculatrice. C’était une Graph 35+ génération 2, celles qui sont vendues aujourd’hui sont en génération 6 (cf photo ci-dessous).

Graph 35+

Avec la calculatrice en main, j’ai donc commencé par fouiller un peu les menus et fonctionnalités au hasard. Lorsque j’ai vu qu’elle avait un menu programmation j’ai été curieux parce que pour moi la programmation semblait une espèce de magie noire fascinante. J’ai donc commencé à programmer avec une méthode essai-erreur avec pour seule source d’information le manuel de référence des commandes disponibles sur la calculatrice, mais sans aucune connaissance des bases de l’algorithmique. Ce qui me conduisait à écrire des programmes très simples, et évidemment des constructions peu élégantes.

Par exemple, parmi mes premiers programmes, on compte : un questions pour un champion de culture générale (au code extrêmement redondant), quelques programmes de triche en maths, un jeu de snake extrêmement lent, etc. J’ai perdu la plupart des programmes faits dans les débuts, à vrai dire.

Arrivée dans les communautés Casio sur Internet

J’ai découvert un peu par hasard l’existence de communautés dédiées à la programmation sur calculatrice sur Internet. Dans mes souvenirs, l’histoire est que dans un programme que quelqu’un m’avait filé, ou que j’avais vu sur la calculatrice de quelqu’un, il y avait une référence au site JeuxCasio. J’ai donc atterri sur ce site en janvier 2011, les premières traces d’activité que j’ai retrouvées datent du 23 janvier 2011.

De là, j’ai peu après découvert l’existence d’un autre site plus actif, Planète Casio, sur lequel je me suis inscrit le 26 janvier 2011.

Pour publier mes premiers programmes en ligne, mon modèle de calculatrice n’ayant pas de compatibilité USB, et le câble spécifique étant coûteux pour le jeune garçon que j’étais, je recopiais à la main les programmes dans le logiciel de transfert pour les exporter ensuite.

À mon anniversaire en 2011, j’ai reçu une calculatrice haut de gamme pour pouvoir travailler plus confortablement sur mes programmes et enfin être capable de les transférer sans avoir à les recopier à la main (à vrai dire, entre temps j’avais déjà trouvé une alternative consistant à transférer de calculatrice à calculatrice sur celle de mon grand-frère, puis de transférer de calculatrice à ordinateur avec cette dernière).

Grâce à tout le contenu proposé bénévolement par les membres de la communauté, j’ai pu pour la première fois lire des tutoriels et apprendre sérieusement la programmation.

Premiers jeux plus élaborés

Le langage programmable directement sur calculatrice est le Basic. Pour ceux qui ne connaissent pas, disons que c’est un langage facile à prendre en main pour les débutants mais très limité en termes de programmation comme de performances.

En fait, je suis convaincu que ce langage est un mauvais point d’entrée dans la programmation, en comparaison d’un langage comme le Python qui est de plus en plus utilisé à des fins éducatives, parce qu’il a l’avantage d’être facile à prendre en main tout en étant extrêmement élégant et puissant en termes de possibilités (c’est d’ailleurs un langage que j’utilise de manière professionnelle, et aussi le langage qui fait tourner ce site). Enfin bon, je digresse.

Le langage étant assez limité, les jeux sont lents et l’affichage de graphismes tient à des hacks comme utiliser des outils destinés au dessin de graphiques statistiques. Oui oui, on encode nos graphismes comme des graphiques statistiques.

Mes premiers jeux étaient donc assez simples :

Jeu en Basic

Success story

Fini le Basic, place au C !

Pour pouvoir faire des jeux beaucoup plus sympa, il faut faire un effort de taille en apprenant un langage de programmation plus difficile, le C. Cela implique également de programmer, non pas sur calculatrice, mais sur ordinateur. Les applications générées bénéficient ensuite de la performance des applications natives de la calculatrice.

Ce langage a été mon premier contact avec la programmation hors du milieu des calculatrices, le langage étant très différent du Basic qui est un peu un alien. Et pour la première fois j’ai utilisé des outils d’écriture de programmes, de débogage, etc, similaires à ce qu’on utilise dans la “vraie vie”. Mais bon, encore une fois je digresse, décidément.

Les premiers gros succès

Mes premiers jeux qui m’ont fait rencontrer du succès, voire même une certaine notoriété dans le milieu Casio, si je puis dire, étaient des adaptations de jeux connus sur mobile, ou des créations originales.

On peut citer par exemple Starwars 3D, une expérience en 2.5d (des images 2d que je réduis pour donner un effet de perspective) :

Starwars 3D

Ou encore Angry Birds avec plus de 11000 téléchargements (malgré une physique complètement pourrie, ce qui est dommage pour un jeu de physique) :

Angry Birds

Ou encore Mipjabok, une création originale et un des jeux sur lesquels j’ai investi le plus de temps, avec ses niveaux nombreux et étendus :

Mipjabok

Prise de fonction dans l’équipe du site

Planète Casio est entièrement géré bénévolement et tout son contenu est gratuit. Le principe est que l’on profite de l’expérience des plus anciens, et à son tour on aide à former les nouveaux arrivants. Assez naturellement, j’ai souhaité rendre à la communauté ce qu’elle m’avait apporté (qui a joué pour une grande part pour ce que je fais aujourd’hui).

À l’automne 2011, déjà relativement ancré dans la vie active de Planète Casio, je m’étais engagé en tant que rédacteur, pour écrire des actualités, articles, j’ai aussi lancé un concours mensuel du meilleur jeu du mois choisi par la communauté.

À l’automne 2013, dans un mouvement de renouvellement de l’équipe suite au départ de plusieurs administrateurs, j’ai pris mes fonctions en tant qu’administrateur, un rôle qui englobe community management, relations avec les partenaires, et administration technique du site (hum, hum, ceux qui ont eu à toucher à ça voient de quoi je parle). J’ai gardé ce rôle un bon moment malgré une activité décroissante, ne démissionnant que lorsque l’équipe eût une relève en qui je faisais pleinement confiance.

La fin d’une ère

Si la création de jeux sur calculatrices a constitué pour moi un bon point d’entrée dans le monde de l’informatique et la création de jeux, j’étais moins intéressé par le défi technique particulier que par le processus de création, c’est pourquoi je ne me suis pas éternisé, et même si j’ai continué de fréquenter la communauté pendant plusieurs années, je n’ai produit aucun contenu intéressant sur calculatrices après 2013.

Je suis passé à d’autres horizons, et vous en apprendrez un peu plus dans le prochain flashback !

Je tiens à prendre le temps d’adresser un petit mot à tous ceux au sein de la communauté qui m’ont fait progresser autant techniquement qu’au niveau des valeurs de créativité et production désintéressée de contenu.

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